Jourde Pierre

Trois danses foirées

Pierre Jourde : Mettre en scène la prégnance de choses anciennes, les morts, les souvenirs, tout ce qui est de l’ordre du fané, du désuet, du décomposé. La force de ce qui n’est pas, mais qui par-delà le ridicule s’impose à nous. Cela prend à chaque fois la forme d’une danse (rock, rumba, valse), parce que la poésie est musique. Alors pourquoi ne serait-elle pas dansante ? On valserait sur elle, avec le fantôme des choses mortes.

La sonorité est cacophonique, chocs de sonorités, constructions bancales, argot, comme si l’orchestre populaire de ce bastringue jouait des couacs. Ça sonne comme Rain Dogs de Tom Waits. Il y a aussi, un peu comme sur les partitions d’Erik Satie, des indications d’exécution, de petites formules en marge qui ont pour fonction de donner une inflexion, d’appuyer la loufoquerie triste du propos. Orchestré par Pierre Jourde, le recueil est interprété par Pierre Jourde, qui en est un autre, et qui fait chalouper les images comme Mimile fait chauffer le baloche.

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Pierre Jourde écrivain et critique littéraire a longtemps été professeur de littérature française à l’université. Il a publié une quarantaine de volumes, dans tous les genres, poésie, essais, romans, satire littéraire, théorie de la littérature, ainsi que des ouvrages avec divers artistes, et dirigé l’édition de Huysmans en Pléiade. Il tient une chronique sur le site culturel du Nouvel Observateur, Bibliobs. Parmi ses publications : La Littérature sans estomac (L’Esprit des péninsules, 2002, prix de la critique de l’Académie française), Pays perdu (L’Esprit des péninsules, 2003), Haïkus tout foutus (Voix d’encre, 2004), Festins secrets (L’esprit des péninsules, 2005, prix Larbaud, prix Renaudot des lycéens, prix Thyde Monnier de la SGDL), Paradis noirs (Gallimard), Le Maréchal absolu (Gallimard, 2012, prix Virilo), La Première Pierre (Gallimard, 2013, prix Jean Giono), La Culture bouge encore (Hugo, 2016), Le Voyage du canapé-lit (Gallimard, 2010).

Site : www.pierrejourde.fr


Pierre Jourde imagier : J’ai choisi de me consacrer à l’art, la peinture et le dessin m’ont semblé plus accessibles, plus directs. Je gardais toujours un penchant pour la gravure mais n’ayant pas suivi de formation artistique classique (Beaux-Arts), le mystère des techniques et des savoir-faire me restait interdit. J’ai donc commencé en autodidacte à tailler quelques planches avec les gouges de mon père. Avec le temps, les rencontres et les livres m’ont appris le reste.

La question du contraste se pose évidemment au graveur, car elle est au cœur de son travail. Par tradition et par essence, l'estampe se révèle dans les blancs du papier que les noirs profonds laissent échapper. J'ai fait mon deuil des valeurs intermédiaires et des nuances de gris pour retrouver l'essentiel : la lutte du blanc et du noir, de l'ombre et de la lumière, contraires indissociables. C'est la leçon que nous enseignent Rembrandt et Caravage dans leur exploration d'un clair-obscur poussé jusqu'à l'épuisement : la clarté ne peut vivre qu'au côté des ténèbres, et sur cette frontière infime et tranchante qui les sépare naît le tremblement de la vie qui irradie l'œuvre.


Informations

• illustrations : gravures de Pierre Jourde, imagier

• format 15 x 21 cm

• pages : 72

• ISBN 978-2-35128-186-4

• parution : septembre 2021


Auteur

Jourde Pierre - Wikipédia

Illustrateur

Jourde Pierre imagier


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